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Jérémy Flores
Surf 05/06/2007 Jérémy Flores
Florès actuellement 9ème du WCT ou la fin du complexe français.
Par Renaud Daron

Avec une superbe 5ème place au Billabong Tahiti pro à Teahupo'o, au terme duquel notre « french heroe » a éliminé Adriano de Souza (vainqueur WQS 2005, rookie of the year 2006), Taj Burrow (n°1 avant cette étape) et Kelly Slater (8 fois champion du monde), Jérémy pointe après trois étapes à la 9ème place mondiale. Notons en outre que notre rookie a été sorti de la compète tahitienne par le vainqueur final, Damien Hobgood, et avec un score plus qu'honorable (17,17 points contre 14,23).
 
Cette performance est tout bonnement historique puisque aucun européen étant parvenu à se qualifier pour le WCT (Russel Winter, Eric Rebière et Micky Picon) n'avait jamais réussi à intégrer le top ten, même provisoirement.
 
Il est vrai que cette édition 2007 du Tahiti Pro ne s'est pas déroulé dans de grosses conditions et qu'il n'est pas certain que notre Florès national aurait réalisé les mêmes scores dans un solide 12 pieds.

Néanmoins, s'il n'est pas-encore- un spécialiste du gros surf, Jérémy, élevé au reefbreaks réunionnais, malgaches et Calédoniens peut battre n'importe qui sur ce type de vagues, il vient de le prouver. De plus, il est un excellent surfer de beachbreak, et les figures aériennes du 21ème siècle ne lui font pas peur...voir ses résultats sur le circuit jeune australien du temps où il vivait la moitié de l'année en OZ, à bouffer du beachbreak.

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Analyse et prospective.
 
La pression et Jérémy : la fin du complexe français
« Je suis encore une crevette ! » Le jeune prodige réunionnais Jérémy FLORES est sous les feux de la rampe depuis quelques années déjà. Annoncé depuis pas mal de temps par son sponsor de toujours –Quiksilver- comme un possible futur champion du monde, Kelly Slater lui-même avait déclaré il y a 3 ou 4 ans que « Jérémy surfait mieux que lui au même âge ». Le risque qu'il ne tienne pas la pression était fort. L'histoire du surf est riche d'exemples en ce sens : surexposés, encensés par médias et sponsors avant même d'atteindre l'élite mondiale, les jeunes loups craquent, pètent un plomb et finalement déçoivent les espoirs fondés en eux.

Et bien, force est de constater que non seulement « Mimi » tient la pression, mais encore que cette dernière le surmotive, alimente sa rage de vaincre et de prouver qu'un européen peut faire la nique aux meilleurs mondiaux : c'est bien là la marque des grands champions... « La plupart des gars sur le tour se valent techniquement et, bien souvent, ce qui fait la différence c'est cette confiance que t'as ou pas. Moi, je n'ai plus peur de personne dès que j'ai une bonne planche. Et cette année, elles marchent grave ! » (Surf Session n°108). Un discours de superwinner auquel les frenchies ne nous avaient pas habitués !

Outre son bagage technique exceptionnel et son style ultra-clean, c'est donc surtout son mental qui le distingue de ses prédécesseurs, aussi brillants soient-ils. Florès semble ainsi annoncer la fin du complexe français, et les plus jeunes compétiteurs européens regardent désormais son parcours avec le sentiment qu'ils peuvent faire aussi bien que lui, s'ils s'en donnent les moyens.

Néanmoins, la clé de la réussite de Florès, c'est aussi une forte implication familiale autour du prodige, hors des sentiers fédéraux balisant la route obligée des surfers-compétiteurs français... Jérémy s'est formé principalement à l'étranger, entraîné pendant un moment par son père, surfer lui-même. On ne peut donc pas dire que Florès incarne le succès d'un système français, d'une méthode d'entraînement reproductible sur d'autres surfers...
Reste l'impact psychologique de ses performances sur les autres français, et c'est déjà énorme !

En 2006, Florès remportait le titre mondial WQS, qui est bien plus qu'une seconde division du surf mondial, tant le niveau y est élevé et la bataille pour la qualification dans l'élite mondiale, âpre.
 
And ze winner is… Une fois Qualifié (à 18 ans) pour le WCT 2007, beaucoup de surfers pros et d'observateurs lui prédisaient une 1ère saison difficile, du fait de son jeune âge et de son physique pas encore vraiment puissant (Jérémy :« je suis encore une crevette »). En effet, les vagues solides ont la part belle sur le « Dream Tour » ; alors que la plupart des WQS se déroulent encore dans des vagues plutôt molles qui avantagent les surfers légers, comme Jérémy...

A l'inverse, le président de l'ASP, Wayne « Rabbit » Bartholomew, déclarait en début d'année : « sans vouloir manquer de respect à ceux qui l'ont précédé, Jérémy fera une plus forte impression sur le WCT que n'importe quel autre surfer européen avant lui ». Il ne s'est pas trompé.
 
Prospective
Florès à Hossegor Voyons maintenant les épreuves restant à courir au titre de cette saison WCT 2007 et jouons aux bookmakers. Car, répétons-le, Jérémy n'est pas sur le WCT pour faire de la figuration : « je vais y aller comme dans n'importe quelle compète de club : pour gagner ! » (Trip Surf n°105). Alors, Jérémy champion du monde WCT 2007, c'est possible ?

Cette interrogation peut paraître osée, voire déplacée pour certains, mais Jérémy a pris l'habitude de surpasser en cours d'année les objectifs fixés en début de saison. De plus, il déclarait avant le début du tour 2007 que « la seule véritable inconnue, c'est Teahupo'o ». On peut donc légitimement espérer sinon un titre ou un podium, au moins un maintien dans le top 10.
 
…n’a pas hésité à charger devant son public La prochaine étape se tiendra au Chili (Arica), pays de gauches parfaites, tubulaires à souhait. Or, l'ami Jérémy excelle dans les tubes, et est un super backsider. Pas de raison que cela ne marche pas pour lui au Chili !

Ensuite, ce sera la fameuse droite de Jeffrey's bay, en Afrique du Sud connue pour son incroyable longueur et la variété des sections qu'elle offre aux surfers. Sur cette vague, tout peut arriver, y compris une rencontre inopinée avec un requin. Cette perspective peut bloquer plus d'un surfer, mais Jérémy, né à la Réunion, ayant surfé tout seul à Madagascar et vivant maintenant en Nouvelle Calédonie (que des coins « sharky »), a parfaitement intégré le facteur squale, et ça ne le stresse pas plus que ça.

Après, on connaît la maestria de Kelly, Andy et des autres sur cette vague. Les paris restent ouverts.

Puis, ce sera au tour de la vague de Trestles en Californie. Le français y a de très bonnes chances car il est particulièrement dangereux dans les petites vagues !

Quant à l'étape française, « Mimi » a prouvé que le soutien de son public le galvanisait : « quand je sens que le public m'admire, qu'il est derrière moi, alors je suis en feu et je surfe à 110% (Trip Surf n°108)». On ne peut pas en dire autant de ses prédécesseurs qui avaient semblés paralysés par la peur de décevoir leurs supporters, et n'avaient sans doute pas pu développer tout leur talent, sur des vagues qu'ils connaissaient bien de surcroît.

Effectivement, titulaire d'une wildcard en 2005 il avait éliminé à Hossegor l'actuel n°1 Fanning, avait sorti Martinez en 2006, avant chaque fois de donner des frissons à Kelly...On peut donc espérer le meilleur en France.
 
Full speed et profond De même, il sera à Mundaka le seul Européen en lice (hors wildcards), et vu ses qualités de tuberider, il est capable d'y battre n'importe qui, avec sans doute le soutien du public local et français qui aura fait le déplacement.

Au Brésil, pays de petites vagues, notre champion peut également tout casser...

Enfin, reste l'épreuve Hawaïenne : le Billabong Pipeline Masters, où il ne partira pas favori...Mais qui avait envisagé l'énorme perf de Jérémy à Teahupo'o ?
 
Ainsi, sans se laisser aller à un chauvinisme de mauvais aloi, il est tout de même agréable de constater que nous avons là notre premier surfer français pour qui un titre mondial ne paraît pas impossible à décrocher. Et puis s'il ne gagne pas cette année, il gagnera l'année prochaine ou celle d'après : Jérémy n'a que 19 ans et comme il le dit si bien, il a tout son temps devant lui.

Cocorico.
 
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